Jardin sauvage : laissons Dame Nature s’exprimer

Créer un jardin sauvage

A rebours des jardins design et stylisés où l’empreinte de l’homme saute aux yeux, le jardin sauvage repose sur l’utilisation d’espèces indigènes, le bannissement des produits chimiques et le retour de la faune locale.

Jardin naturel, le concept

Dans nos jardins poussent des haies de thuyas taillées en cube, la guerre est déclarée aux mauvaises herbes et l’aménagement paysager est pensé par l’homme et pour l’homme, sans aucune considération de la nature. Ces jardins esthétiques et bien entretenus sont aujourd’hui la norme. Ce sont pourtant des espaces morts.

Concevoir un jardin sauvage, c’est partir du principe que la nature fait mieux les choses que nous. C’est aussi un acte militant puisqu’il s’agit de remettre l’Homme à sa place dans le règne animal. Dans un jardin inspirée de la nature, plutôt que de chercher une harmonie de couleurs lors de la floraison, on se basera sur les interactions bénéfiques entre plantes et on favorisera l’installation des animaux et insectes. Lors d’une attaque de limaces ou de pucerons, on laissera donc le temps à la nature de réguler les choses : hérissons, syrphes et autres larves de coccinelle se mettront au travail pour rétablir l’équilibre dans votre petit biotope.

Des plantes locales, sauvages et autres adventices

L’idée dans le jardin naturel, c’est d’utiliser des espèces de plantes locales. Celles-ci résisteront mieux au climat et au sol de la région puisqu’elles y évoluent depuis des milliers d’années. Vous pouvez par exemple planter une haie champêtre composée d’essences comme du noisetier, du cornouiller, du troène ou encore du sureau. En produisant des fruits, la haie vive attire les oiseaux et les animaux.

Le terrain est étudié en détails pour planter les végétaux aux bons endroits en fonction de leur besoin en ensoleillement, en humidité ou encore en fonction du sol. Au lieu de planter du gazon classique, on préfèrera un gazon en trèfle. Une fois en fleurs, il attirera les bourdons et les abeilles. D’autres plantes mellifères peuvent être semées pour former une prairie fleurie que vous taillerez grossièrement à l’automne. En laissant la paille au sol, les fleurs se ressèment et réapparaîtront l’année prochaine. Les mauvaises herbes ou adventices ont leur place dans ce type de jardin. En plus d’être productrices de nectar, elles ont souvent des propriétés intéressantes, médicinales ou indicatrices de la nature du sol.

Entretien du jardin sauvage

Lorsqu’on se lance dans ce type de jardin, on peut se retrouver face à un dilemme : laisser la nature s’installer, proliférer ou entretenir au risque de perturber les équilibres fragiles de l’écosystème. Tout dépendra du cadre de vie. A moins de vivre dans une région isolée, vous serez obligé de tailler les arbres et les haies qui pourraient gêner vos voisins. Une autre solution pourrait être de les convertir et de les sensibiliser aux avantages du jardin naturel. Il demandera moins d’entretien, moins d’arrosage et se passera bien sûr de traitements chimiques.

Vous allez toutefois devoir surveiller certaines espèces envahissantes et les réguler si celles-ci se multiplient trop vite. Concernant les déchets verts issus de la taille des arbres et de la tonte, disposez-les sur un tas au fond du jardin afin d’en faire du compost. Si les branchages ont un diamètre trop important, déposez-les sur un autre tas. Cela servira d’abri aux insectes, hérissons, orvets ou couleuvres. Ces dernières sont inoffensives pour l’homme et non venimeuses.

En déroulant le tapis rouge à la nature, votre jardin aura peut-être l’air bordélique, peu entretenu voire à l’abandon. En réalité, la vie y sera abondante et vous pourrez être fier de contribuer au retour de la biodiversité.

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